Église Sainte-Eulalie
À propos
L'église Sainte-Eulalie constitue l'un des témoignages importants de l'architecture romane en Angoumois. Construite au 12e siècle, elle conserve une organisation particulièrement intéressante autour de la croisée du transept, dont les colonnes portent des chapiteaux sculptés. Son décor présente notamment des cavaliers affrontant des dragons, dans un langage sculpté rapproché de celui de la cathédrale d'Angoulême.
L'édifice a toutefois beaucoup évolué : chapelle gothique au 15e siècle, remaniement du clocher au 17e siècle, restauration de la façade et reconstruction de parties de la nef au 19e siècle, puis travaux de restauration au 20e siècle.
À voir absolument
- La croisée du transept et sa série de chapiteaux sculptés, surnommée la "couronne de Sainte-Eulalie".
- Les passages latéraux reliant la nef au sanctuaire sans passer sous la coupole, particularité que l'on retrouve dans plusieurs églises romanes charentaises.
- Le chevet roman, avec ses contreforts plats, ses arcatures, ses modillons et sa couverture traditionnelle en lauzes.
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Présentation
L'église actuelle remplace un édifice plus ancien mentionné en 1110 dans une bulle du pape Pascal II. La construction de l'église romane actuelle aurait débuté au milieu du 12e siècle et se serait achevée dans le troisième quart du siècle. L'organisation du chantier, réalisée d'est en ouest, ainsi que le décor sculpté permettent de situer cette campagne de construction.
Son plan est celui d'une église romane en croix latine : une nef unique, un transept doté de chapelles et un chevet en hémicycle. La richesse du décor sculpté constitue l'un des principaux intérêts de l'édifice.
Histoire
L'église est mentionnée dès 1110, alors qu'elle est rattachée au chapitre cathédral. En 1621, une ordonnance épiscopale l'unit, avec son annexe de Brie, à l'abbaye de Saint-Ausone d'Angoulême.
Plusieurs campagnes de transformation ont ensuite modifié l'édifice :
- 12e siècle : construction de l'église romane actuelle.
- 13e siècle : ajout d'un voûtement gothique et remaniement des passages de la nef.
- 15e siècle : construction d'une petite chapelle gothique au nord de la nef.
- 17e siècle : remaniement de la partie haute du clocher.
- 1777 : importante campagne de réparation, notamment après l'effondrement partiel de la toiture.
- 1862-1863 : destruction de la façade romane.
- 19e siècle : restauration importante sous la conduite de l'architecte Edouard Warin et reconstruction de la façade dans un style conservant une apparence romane.
- 1982 et années suivantes : nouvelle campagne de restauration destinée notamment à retrouver l'apparence originelle du chevet.
La commune indique aujourd'hui un nouveau programme de restauration, lié notamment à des problèmes de stabilité et à des fissures affectant le transept et le chevet. Les travaux comprennent également la restauration des couvertures en lauzes et l'amélioration de l'évacuation des eaux pluviales.
Chronologie
- 1110 - Mention d'une église de Champniers dans une bulle du pape Pascal II.
- Milieu du 12e siècle - Début de la construction de l'église romane actuelle.
- 3e quart du 12e siècle - Achèvement probable de la construction et réalisation du décor sculpté.
- 13e siècle - Transformations de la nef et du voûtement.
- 15e siècle - Ajout d'une chapelle gothique au nord.
- 1621 - Rattachement à l'abbaye de Saint-Ausone d'Angoulême.
- 1777 - Importantes réparations.
- 1862-1863 - Destruction de la façade romane.
- 19e siècle - Restauration et reconstruction de la façade sous la direction d'Edouard Warin.
- 1913 - Classement au titre des monuments historiques.
- 1982 - Début d'une nouvelle campagne de restauration du chevet.
Architecture & patrimoine
La croisée du transept est le coeur architectural de l'édifice. Sa coupole repose sur des colonnes aux chapiteaux sculptés, formant une frise continue. Le décor s'inspire notamment de la sculpture de la cathédrale d'Angoulême et comprend des représentations de cavaliers affrontant des dragons.
Sept fenêtres à double voussure éclairent le sanctuaire. Le chevet conserve un décor extérieur caractéristique de l'art roman de l'Angoumois : contreforts plats, arcatures et corniche à modillons. Sa couverture en lauzes constitue un élément particulièrement identifiable du monument.
Oeuvres et éléments remarquables
Un Christ en bois du 18e siècle est conservé dans le sanctuaire. Le décor sculpté de la croisée, des passages et des colonnettes des fenêtres de l'abside forme ce que la commune présente comme la "couronne de Sainte-Eulalie".
Le tympan roman d'origine n'est plus en place sur la façade. Il est conservé à Angoulême, à la Société Archéologique et Historique de la Charente. Sa sculpture représente notamment un Christ en majesté entouré des symboles des quatre évangélistes.
Le saviez-vous ?
L'église présente un dispositif architectural assez rare : des passages aménagés dans les bras du transept permettent de circuler entre la nef et le sanctuaire sans franchir directement l'espace situé sous la coupole.
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Découverte guidée
- Observez d'abord le chevet.
Depuis l'extérieur, regardez le rythme des contreforts et des arcatures qui structurent l'abside. - Regardez la couverture.
Les lauzes, ces pierres plates utilisées pour couvrir le toit, participent fortement à l'aspect traditionnel du monument. - Entrez dans la nef.
La nef unique conduit progressivement le regard vers la croisée du transept. - Levez les yeux vers la croisée.
Les colonnes et leurs chapiteaux sculptés constituent le principal ensemble décoratif de l'église. - Cherchez les passages latéraux.
Ils permettent de comprendre la particularité du plan de l'édifice et son rapport entre nef, transept et sanctuaire. - Observez les chapiteaux.
Recherchez les figures animales et les scènes de combat, notamment les cavaliers affrontant des dragons. - Pensez au tympan disparu.
La façade actuelle n'est pas celle de l'époque romane : le tympan médiéval a été déposé et conservé à Angoulême.
Regardez ici
Le meilleur point d'observation se situe autour de la croisée du transept. C'est là que se concentre une grande partie du décor sculpté qui permet de comprendre les liens stylistiques entre l'église de Champniers et les grands édifices romans de l'Angoumois.
Hier / Aujourd'hui
L'apparence actuelle résulte de plusieurs campagnes de transformation. La façade romane a été démolie en 1862-1863, puis reconstruite dans le cadre de la restauration menée par Edouard Warin. Les deux travées occidentales de la nef et leurs voûtes ont également été reprises.
Détail caché
Le tympan médiéval n'est plus visible sur l'église, mais il n'a pas disparu. Déposé lors des travaux du 19e siècle, il est conservé à Angoulême avec deux chapiteaux. Cette situation permet de compléter la lecture de la façade actuelle par un élément authentique de son décor roman.
Environnement
L'église se trouve au coeur du bourg de Champniers. Elle peut constituer un point de départ pour découvrir le patrimoine rural et vernaculaire de la commune, notamment ses nombreuses fontaines et ses lavoirs. La commune en recense 29.
Continuer la visite
Après l'église, une découverte du patrimoine de Champniers peut se poursuivre par les fontaines, les lavoirs et les anciennes maisons et fermes du territoire communal.
Visite
Conditions de visites
Horaires
Tarifs
Équipements et services
- Entrée accessible en fauteuil roulant
- Parking accessible en fauteuil roulant