L'Argence
À propos
L'Argence est un petit cours d'eau de Charente, affluent de rive gauche de la Charente. Elle appartient au bassin versant de la Charente et s'écoule au nord d'Angoulême, dans un paysage principalement rural avant de rejoindre le fleuve à proximité de Balzac et du Gond-Pontouvre. Selon les sources et la manière dont sont définies ses têtes de bassin, son linéaire est donné autour de 15 à 16 km.
Géographie
L'Argence est un cours d'eau de faible longueur mais qui possède un bassin versant relativement ramifié. Les sources ne donnent pas toutes la même origine au cours d'eau : le tracé hydrographique de référence fait remonter l'Argence à Jauldes, tandis que l'association Rivières de l'Angoumois considère comme origine fonctionnelle le lavoir du Gardoire à Tourriers. Cette différence s'explique par la présence de petits cours d'eau formant les têtes du réseau.
Dans son parcours, elle se dirige globalement vers le sud-ouest puis le sud, avant de gagner la vallée de la Charente. Sa confluence se situe à Chalonne, entre Balzac et Gond-Pontouvre, en amont immédiat d'Angoulême. Elle rejoint la Charente à environ 31 m d'altitude.
Le bassin de l'Argence couvre environ 85 km² selon les données généralement reprises pour le cours d'eau. Son régime est de type pluvial océanique. Rivières de l'Angoumois indique un débit moyen de l'ordre de 0,724 m³/s, tout en soulignant les variations importantes du débit et les assecs estivaux.
Hydronymie
Le nom Argence appartient à une famille d'hydronymes français apparentés au radical argent- / argento-.
L'origine exacte du nom de cette petite rivière charentaise n'est toutefois pas établie avec certitude. Des travaux toponymiques rapprochent les noms Argence, Argent, Argenton ou Argentonne d'un ancien radical gaulois arganto-, associé à l'argent. L'interprétation appliquée aux cours d'eau peut évoquer une eau à l'aspect brillant ou argenté, mais cette explication reste une hypothèse étymologique et ne doit pas être présentée comme certaine.
Il existe par ailleurs une particularité locale : sur la commune d'Anais, le cours d'eau ne porte véritablement le nom d'Argence qu'en aval du bourg. Il résulte alors de la réunion de petits écoulements, notamment le ruisseau du Moulin des Rivauds et le ruisseau dit l'Étang.
Communes traversées
Le tracé de l'Argence concerne principalement les communes suivantes, de l'amont vers l'aval :
- Jauldes - secteur des sources ;
- Anais ;
- Champniers ;
- Balzac ;
- Gond-Pontouvre, au niveau de la confluence avec la Charente.
Les documents administratifs relatifs à la gestion de l'eau identifient également un ensemble plus large de communes appartenant au bassin versant de l'Argence, notamment Tourriers, Brie, Vars, Aussac-Vadalle et Villejoubert. Il faut donc distinguer les communes traversées par le cours d'eau de celles simplement situées dans son bassin versant.
Affluents
Le réseau de l'Argence est constitué de plusieurs petits cours d'eau.
Les principaux sont :
- le ruisseau de Champniers, affluent important d'environ 5,6 à un peu plus de 6 km ;
- le ruisseau dit l'Étang, qui vient notamment du secteur de Brie et rejoint l'Argence à Churet ;
- le ruisseau du Moulin des Rivauds, qui prend naissance dans le secteur d'Anais ;
- plusieurs petits ruisseaux, fossés et sources participant aux écoulements de tête de bassin.
Le ruisseau de Champniers constitue le principal affluent identifié. Il présente un fonctionnement plus marqué par les secteurs urbanisés, puisqu'il traverse notamment le bourg de Champniers.
Faune et flore
L'Argence possède une valeur écologique liée avant tout à son réseau de petits cours d'eau, ses sources, ses zones humides et sa ripisylve.
La présence de l'eau permet le développement d'une végétation de bord de cours d'eau composée notamment d'arbres et arbustes tels que les saules, aulnes et frênes, accompagnés d'une végétation herbacée humide.
Le cours d'eau accueille ou a accueilli une faune aquatique, notamment des poissons et des invertébrés. La situation est cependant fragile : Rivières de l'Angoumois estime que les assecs peuvent concerner une part importante du linéaire et souligne leurs conséquences sur la faune aquatique et piscicole.
Le fonctionnement écologique est également perturbé par les nombreux ouvrages, les modifications du lit, les biefs et certains plans d'eau. La ripisylve est jugée insuffisamment fonctionnelle sur une part importante des berges.
Aménagements
L'Argence est un cours d'eau fortement aménagé par l'homme.
Son histoire hydraulique est notamment visible à travers :
- les anciens moulins ;
- les biefs et ouvrages associés ;
- les lavoirs et fontaines ;
- les modifications et rectifications du lit ;
- certains plans d'eau et retenues ;
- les ouvrages pouvant faire obstacle à la continuité écologique.
Une dizaine de moulins sont recensés le long de ses rives. Le moulin de Churet est aujourd'hui particulièrement intéressant : rénové en 2003, il peut encore produire de l'huile de noix et de noisette lorsque les conditions hydrologiques le permettent.
Ces aménagements constituent à la fois un patrimoine historique et un enjeu environnemental : certains ouvrages peuvent en effet limiter la circulation des poissons et modifier les écoulements.
Histoire
L'histoire de l'Argence est étroitement liée à celle des villages et des activités rurales établis autour de ses sources et de ses berges.
Pendant des siècles, le cours d'eau a fourni une énergie hydraulique utilisée par les moulins, tandis que les sources et petits écoulements alimentaient fontaines et lavoirs. Le réseau hydraulique était donc intégré à la vie quotidienne et à l'économie locale.
À Tourriers, un plan cadastral ancien montre notamment le petit ruisseau appelé "loubier", dont la source se situait près de l'actuel lavoir du Gardoire. L'histoire locale permet ainsi de comprendre que le réseau aujourd'hui rattaché à l'Argence était autrefois constitué de plusieurs petits cours d'eau portant des noms différents.
Au fil du temps, l'Argence a été progressivement modifiée pour répondre aux besoins agricoles et aux usages des moulins. Les travaux de curage, de rectification et la création de biefs ont profondément transformé certains secteurs de son lit.
Patrimoine
Le patrimoine lié à l'Argence est essentiellement un petit patrimoine hydraulique et rural.
On peut notamment citer :
- les lavoirs ;
- les fontaines ;
- les anciens moulins ;
- les biefs et ouvrages hydrauliques ;
- les ponts et petits franchissements ;
- les villages et hameaux implantés au contact du réseau hydrographique.
Le moulin de Churet constitue l'un des éléments les plus remarquables de ce patrimoine. Le réseau de lavoirs et de fontaines réparti le long du cours principal et de ses affluents témoigne également de l'importance ancienne de l'eau dans les communes traversées.
La vallée
La vallée de l'Argence ne doit pas être confondue avec le cours d'eau lui-même. Elle correspond à l'espace façonné par le réseau hydrographique autour de la rivière.
Elle présente un paysage de petite vallée rurale, alternant cultures, prairies, boisements et secteurs habités. À Anais, le fond de vallée est notamment constitué de dépôts alluviaux quaternaires, avec localement des terrains plus humides.
Cette vallée joue également un rôle de corridor écologique entre les espaces agricoles et les milieux associés à la Charente. Certains documents d'urbanisme identifient ainsi l'Argence comme un élément de la trame verte et bleue.
Protection
L'Argence est intégrée au bassin versant de la Charente et relève donc des politiques de gestion de l'eau mises en œuvre à cette échelle.
Le SAGE Charente, approuvé en 2019, fixe notamment des objectifs concernant la gestion quantitative et qualitative de l'eau, la protection des milieux aquatiques et la préservation des ressources superficielles et souterraines.
Le cours d'eau fait également l'objet d'une attention particulière en matière de continuité écologique, de restauration des habitats, de ripisylve et de limitation des impacts des ouvrages.
Les principaux enjeux identifiés sont :
- la répétition des assecs ;
- le maintien des débits en période d'étiage ;
- la qualité physico-chimique de l'eau, notamment vis-à-vis des nitrates ;
- la restauration de la ripisylve ;
- la diversification du lit ;
- le franchissement des ouvrages par la faune aquatique ;
- la limitation des impacts des plans d'eau et des biefs.
Rivières de l'Angoumois qualifie actuellement l'état écologique de l'Argence de moyen et souligne l'importance des interventions de restauration du cours d'eau.
Le risque lié aux débordements est également pris en compte : l'Argence dispose notamment d'un atlas des zones inondables pour certains secteurs de son bassin.