La Charente
À propos
La Charente est un fleuve majeur du Sud-Ouest de la France. Elle traverse trois départements (Haute-Vienne, Vienne et Charente-Maritime) ainsi que le département de la Charente, qu'elle a directement contribué à structurer. Elle prend sa source dans le Limousin et se jette dans l'océan Atlantique par un vaste estuaire entre Port-des-Barques et Fouras. Le Sandre lui attribue une longueur de 381 km.
Géographie
La Charente naît à Chéronnac, en Haute-Vienne, à environ 295 m d'altitude. Elle s'oriente d'abord vers le nord-ouest, traverse ensuite le sud de la Vienne, puis entre en Charente où elle devient l'axe hydrographique majeur du département.
Son parcours se poursuit notamment par Ruffec, Mansle, Montignac-Charente, Angoulême, Châteauneuf-sur-Charente, Jarnac et Cognac, avant de pénétrer en Charente-Maritime et de rejoindre l'océan Atlantique.
Son bassin versant couvre environ 10 000 km² et son régime est de type pluvial océanique. Le fleuve présente un cours relativement lent et très sinueux, caractérisé par de nombreux méandres, bras secondaires, îles et zones humides.
Au Pays d'Angoulême, la Charente parcourt environ 40 km et reçoit notamment la Touvre, l'Anguienne, les Eaux Claires, la Charreau, la Nouère, la Boëme, le Claix, l'Argence et la Vélude.
Hydronymie
Le nom de la Charente est très ancien. Le fleuve est mentionné dans l'Antiquité sous une forme grecque, Kanentelos, puis sous la forme latine Carantonus chez le poète Ausone au 4e siècle.
Les formes médiévales comprennent notamment Karente en 799, Karantona en 874 et Carentum en 891.
L'origine exacte du nom reste discutée. Deux principales interprétations sont proposées :
- une origine gauloise liée à un thème karant- pouvant évoquer l'idée d'"aimer" ou d'"être cher" ;
- une origine plus ancienne rapprochant le nom d'un terme signifiant sableux, qui aurait donné l'idée de "rivière sablonneuse".
Communes traversées
La Charente traverse ou borde un très grand nombre de communes. Son parcours concerne notamment :
Haute-Vienne : Chéronnac, Rochechouart et les communes du secteur de sa haute vallée.
Vienne : Charroux, Civray, Chatain et plusieurs communes de la vallée charentaise.
Charente : Confolens, Ansac-sur-Vienne, Verteuil-sur-Charente, Condac, Ruffec, Aunac-sur-Charente, Mansle, Montignac-Charente, Vars, Saint-Yrieix-sur-Charente, Gond-Pontouvre, Angoulême, Fléac, Linars, Saint-Michel, Trois-Palis, Nersac, La Couronne, Sireuil, Roullet-Saint-Estèphe, Châteauneuf-sur-Charente, Saint-Simeux, Saint-Simon, Angeac-Charente, Vibrac, Jarnac, Bourg-Charente, Cognac et Javrezac, entre autres.
Charente-Maritime : la Charente poursuit son cours notamment par Saint-Savinien, Taillebourg, Saintes, Chaniers, Port-d'Envaux, Tonnay-Charente et Rochefort, avant de gagner son estuaire et l'océan Atlantique.
Cette liste est volontairement centrée sur les principales communes directement associées au fleuve et ne constitue pas un inventaire cadastral exhaustif de toutes les communes dont le territoire est touché par son lit ou ses bras.
Affluents
La Charente possède un réseau d'affluents particulièrement développé.
Principaux affluents de rive gauche
- la Tardoire, avec le Bandiat ;
- la Bonnieure ;
- la Touvre ;
- l'Anguienne ;
- les Eaux Claires ;
- la Charreau ;
- la Boëme ;
- le Né ;
- la Seugne ;
- l'Arnoult.
Principaux affluents de rive droite
- l'Aume ;
- la Nouère ;
- la Soloire ;
- l'Antenne ;
- la Boutonne.
La Touvre constitue un affluent particulièrement remarquable : elle est alimentée par les eaux souterraines du karst de La Rochefoucauld et constitue l'une des principales résurgences de France.
Faune et flore
La Charente constitue un ensemble écologique remarquable grâce à la diversité de ses milieux : eaux courantes et calmes, bras morts, prairies humides, roselières, marais, boisements alluviaux et berges végétalisées.
Parmi les espèces patrimoniales recensées dans les différents secteurs Natura 2000 figurent notamment :
- le Martin-pêcheur d'Europe ;
- le Gomphe de Graslin, libellule liée aux cours d'eau ;
- l'Alose feinte, poisson migrateur ;
- le Vison d'Europe, particulièrement menacé ;
- le Grand rhinolophe ;
- le Busard des roseaux ;
- la Pie-grièche écorcheur ;
- la Rosalie des Alpes ;
- l'Angélique des estuaires.
Les poissons migrateurs constituent également un enjeu important. La présence de nombreux seuils et barrages sur l'axe Charente perturbe toutefois leur circulation, malgré les dispositifs de franchissement et les opérations de restauration.
Aménagements
Le cours de la Charente a été profondément aménagé au fil des siècles.
On trouve notamment :
- des seuils et barrages ;
- des écluses ;
- d'anciens moulins à eau ;
- des quais et ports ;
- des cales et anciens chemins de halage ;
- des ouvrages destinés à faciliter la navigation ;
- des dispositifs de franchissement piscicole ;
- des aménagements de protection contre les crues.
La navigation de plaisance est aujourd'hui autorisée d'Angoulême jusqu'à l'estuaire. Dans le département de la Charente, le tronçon domanial s'étend notamment entre La Boixe/Montignac-Charente et la limite avec la Charente-Maritime.
Le fleuve reste toutefois soumis aux crues. La navigation peut notamment être interdite lorsque le niveau dépasse le seuil réglementaire fixé à l'échelle d'Angoulême-Saint-Cybard.
Histoire
La Charente est un axe de peuplement et de circulation depuis la Préhistoire. Ses rives ont livré de nombreux témoignages archéologiques attestant une présence humaine ancienne.
À l'époque gallo-romaine, le fleuve constitue déjà une importante voie de communication. Saintes, Cognac et Jarnac jouent alors un rôle portuaire.
Au Moyen Âge, la Charente devient un axe commercial essentiel entre l'intérieur des terres et la façade atlantique. Le sel, les céréales, le vin, les pierres et diverses marchandises y circulent.
À partir de l'époque moderne, puis surtout aux 17e et 18e siècles, les gabarres transportent les eaux-de-vie produites dans la région de Cognac vers les ports de la façade atlantique. Elles remontent également le fleuve avec des marchandises venues du littoral.
Au 19e siècle, des travaux importants améliorent encore les conditions de navigation : quais, barrages, écluses, cales et ouvrages portuaires sont modernisés. À Cognac, les quais sont notamment développés pour accompagner l'essor du commerce des eaux-de-vie.
Avec le développement du chemin de fer et de la route, le transport fluvial commercial décline progressivement. La Charente conserve néanmoins une vocation touristique, paysagère et nautique.
Patrimoine
Le patrimoine lié à la Charente est particulièrement riche.
À Angoulême et Pays d'Angoulême
Le fleuve est intimement associé à Angoulême, dont l'implantation urbaine a été influencée par ses méandres. Il structure aujourd'hui encore les paysages de Saint-Yrieix-sur-Charente, Gond-Pontouvre, Fléac, Nersac et des communes riveraines.
Les villages et villes fluviales
Plusieurs communes ont développé leur histoire autour des ports, des ponts et des moulins : Verteuil-sur-Charente, Mansle, Montignac-Charente, Châteauneuf-sur-Charente, Jarnac et Cognac.
Cognac
À Cognac, le fleuve a joué un rôle déterminant dans le développement de la ville. Le port, les quais, les anciens entrepôts et les chais témoignent de son passé commercial.
Patrimoine fluvial
Le patrimoine comprend notamment :
- anciens quais ;
- ports et cales ;
- moulins ;
- écluses ;
- barrages ;
- ponts ;
- chemins de halage ;
- maisons de bateliers ;
- entrepôts et chais ;
- traces de l'activité des gabarriers.
Une partie de ce patrimoine est aujourd'hui intégrée à des itinéraires de promenade et à la Flow Vélo, dont une section suit l'ancien chemin de halage.
La vallée
Sans constituer ici un site distinct du fleuve, la vallée de la Charente correspond à l'ensemble des espaces façonnés par le cours d'eau et ses crues : lit majeur, prairies humides, bras secondaires, marais, boisements alluviaux et terres agricoles.
Elle présente des paysages très différents selon les secteurs : vallée encaissée ou étroite dans certains passages, larges prairies inondables autour d'Angoulême et Cognac, puis vastes zones humides et marais vers l'aval.
Entre Angoulême et Cognac, la vallée et plusieurs affluents constituent notamment un vaste ensemble Natura 2000 de 5 373 hectares répartis sur 53 communes.
Protection
La protection de la Charente repose principalement sur le réseau Natura 2000, complété par la réglementation de l'eau, la gestion des milieux aquatiques et les actions de restauration de la continuité écologique.
Plusieurs sites Natura 2000 concernent directement le fleuve :
- Vallée de la Charente en amont d'Angoulême ;
- Vallée de la Charente entre Angoulême et Cognac et ses principaux affluents ;
- Moyenne vallée de la Charente et Seugne ;
- Vallée de la Charente moyenne et Seugne et Coran ;
- Vallée de la Charente (basse vallée).
La DREAL recense notamment le site ZSC FR5402009, consacré à la vallée entre Angoulême et Cognac et à plusieurs de ses principaux affluents, ainsi que des ZPS couvrant différents secteurs du fleuve.
Les principaux enjeux sont la préservation des prairies inondables et zones humides, la qualité de l'eau, la conservation des habitats alluviaux, la protection des espèces menacées et la restauration de la continuité écologique, notamment pour les poissons migrateurs.
À l'échelle de GrandAngoulême, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations relèvent notamment de la compétence GEMAPI.